Les tretsois se sont mobilisés pour les cérémonies du 8 mai


Comme chaque année, la Municipalité avait convié les tretsois à participer aux cérémonies commémoratives du 8 mai 1945.
Messieurs ROBIGLIO et LUVERA se sont chacun rendus respectivement sur les stèles du Puy d’Auzon et de Saint jean du Puy et y ont procédé à un dépôt de gerbe.
C’est ensuite au Cimetière que Monsieur le Maire a reçu la délégation pour rendre hommage aux morts pour la France en déposant une gerbe sur le caveau des anciens Combattants et une gerbe à la Stèle, au cœur du cimetière.
Ces cérémonies se sont poursuivies sur la Place de l’Hôtel de Ville où le Maire, Jean-Claude FERAUD, a délivré le message du secrétaire d’État auprès du Ministre de la Défense.

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« Le 8 mai 1945, la victoire des nations alliées consacrait la victoire de la démocratie, des valeurs universelles de la liberté et de la dignité humaine. Il y a soixante-douze ans prenait fin, en Europe, la guerre la plus meurtrière que l’humanité ait connue. Plus de cinquante millions de femmes, d’hommes et d’enfants, dont la moitié de civils, périrent. Dès le 18 juin 1940, par la voix du général de Gaulle, la France avait dit son refus et sa volonté d’agir pour retrouver sa place au sein des grandes nations, afin de porter son message universel de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Le 8 mai 1945, la France était à Berlin, effaçant la défaite de mai 1940 et l’esprit de collaboration. Aujourd’hui, nous rendons hommage à toutes les générations de la Seconde Guerre Mondiale.
Hommage aux combattants de 1940 dont les sacrifices permirent, lors de combats restés dans les mémoires comme en Norvège, à Montcornet ou à Chasselay, de ralentir l’avancée de l’armée allemande au printemps 1940. Beaucoup d’entre eux laissèrent leur vie lors de la bataille de France et firent honneur à nos armées.
Hommage à toutes ces femmes et tous ces hommes, Français ou venus du monde entier, issus de toutes les origines et de toutes les cultures qui  conjuguèrent leurs efforts pour libérer le territoire national et faire triompher la fraternité.
Hommage aux Français Libres qui, audacieux et précurseurs, venant de France, d’Afrique ou d’ailleurs, légionnaires, tirailleurs, marsouins, marins ou aviateurs, constituèrent une admirable cohorte de volontaires ayant en commun la Croix de Lorraine.
Ces soldats de l’armée d’Afrique, anciens de Bir Hakeim, débarquèrent en Provence. Ceux des commandos Kieffer furent les premiers Français à débarquer en Normandie.
Hommage aux Résistants de l’intérieur, de toutes convictions, qui choisirent de mener le combat sur le territoire national au sein de réseaux, de mouvements, de maquis.
Hommage aux victimes de la déportation, condamnées pour leurs idées ou pour ce qu’elles étaient, qui subirent l’innommable.
Souvenons-nous des milliers de victimes civiles, hommes, femmes, et enfants, qui subirent représailles et bombardements.
Souvenons-nous également de ces victimes trop longtemps oubliées, gens du voyage fichés et internés, malades et handicapés morts de délaissement dans les établissements qui les hébergeaient.
Notre pays s’est construit, après 1945, sur le souvenir de ces tragédies et par la volonté de vivre ensemble au sein d’une Europe en paix, unie, préservée des nationalismes et des idéologies totalitaires.
C’est cette volonté qui a permis la réconciliation des nations européennes et c’est sur cette base que la construction européenne fut possible. Aujourd’hui, soixante ans plus tard, l’union de ces nations est la garantie de la préservation de la paix et de la liberté des Européens. En ce jour, nous mesurons l’étendue de la responsabilité que nous avons reçue en héritage et la nécessité impérieuse de le préserver, pour que le désastre que fut la Seconde Guerre mondiale ne se reproduise jamais ».
Maurice CHAGNY, a ensuite pris la parole pour délivrer son message en tant que Président des Anciens Combattants.
« Monsieur le Maire, Conseiller et Vice-Président Départemental, Messieurs les représentants de la Gendarmerie, Messieurs les représentants de la Légion Étrangère et de l’Armée de l’Air, Messieurs les représentants du Corps des Sapeurs-Pompiers de Trets, Messieurs les Anciens Combattants et Résistants, Monsieur le représentant du Souvenir Français, Mesdames, Messieurs les Conseillers municipaux, Tretsoises, Tretsois, chers amis, voilà aujourd’hui 72 ans que les armes chargées en 1939 se sont tues.
Voilà 72 ans qu’à Berlin, les belligérants ont décidé de poser les armes et de mettre fin à une guerre de 60 ans que les Poilus de 14-18, au sortir des tranchées, n’avaient pas osé imaginer. Ils avaient connu l’horreur des combats de fantassins montant à l’assaut alignés puis fauchés par les mitrailleuses. Ils ne savaient pas que 21 ans plus tard l’horreur des combats mécanisés  et de la guerre moderne du char, de l’avion, du nucléaire allait quintupler les pertes humaines et transformer l’espoir de paix éternelle en cauchemar dantesque.
Dès 1939, le monde s’embrase d’est en ouest, puis ce sera ensuite du nord au sud, des côtes occidentales aux contrée asiatiques… La folie des hommes allait l’emporter. Une fois encore, notre pays allait saigner, du sang de ses héros anonymes, civils et militaires. Du plus petit village aux grandes métropoles, tous payèrent le prix fort, du père tué au combat des Ardennes ou à la prise du nid d’aigle d’Hitler, du frère disparu au Camp des héros décimé par la barbarie nazie, de l’oncle instituteur de jour, résistant la nuit.

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La France peut être fière de ses enfants qui combattirent partout où on leur avait dit que leur sacrifice sauverait la patrie.
Certains avaient quitté le pays de leur enfance pour mieux préparer sa reconquête. Ils furent grands sur les plages de Normandie et celles de Provence. Beaucoup ne virent que le bout de la plage. D’autres courageux à l’extrême, franchirent le Rhin, le drapeau tricolore en tête de colonne, pour forcer l’ennemi nazi à la capitulation.
D’autres ne revinrent jamais des voyages sans fin. Ils partirent de Drancy, ou d’autre camp, dans des convois vers une destination horrible, celle de la mort certaine que l’on connait sans combattre. Ils portaient des étoiles jaunes, s’appelaient Lévy, se prénommaient Samuel. A leurs côtés, unis dans le malheur et la mort, des combattants de l’ombre, les anonymes d’avant-guerre devenus les héros d’après-guerre. Ils ne connurent pas la mort au combat, mais celle de la déchéance physique qui leur fut imposée par une idéologie que l’on n’aurait jamais osé imaginer.
Alors, aujourd’hui, devant nos monuments aux morts, des plus petites de nos communes aux plus grandes de nos cités, là où les noms s’alignent sur la pierre froide, inclinons nous devant celles et ceux qui nous ont sauvés de la barbarie. Repensons à ceux, petits dans leur quotidien, mais grands dans nos cœurs, qui sont partis un jour pour que vive la France.
Pensons à ceux qui ont entendu la Voix de Londres et qui ont cru qu’un jour la France redeviendrait ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : le pays de la liberté, celui des Droits de l’Homme. Soyons fiers qu’un jour, nos pères et nos grands-pères soient devenus nos sauveurs.
Que nos morts soient honorés et que ceux qui aujourd’hui racontent l’horreur des combats, ceux qui transmettent la mémoire, soient remerciés. Ils sont morts ou ils témoignent pour que vive notre France. A notre tour, qui sommes ici présents sur cette place, soyons pédagogues en communiquant aux jeunes générations, et j’y insiste, le respect des valeurs nationales, le respect  de nos couleurs,  le sens du devoir et l’idéal de ceux qui ont combattu et fait le sacrifice de leur vie pour une France libre.
Que vivent la France et la République !
Fidèle au souvenir de celles et ceux qui ont sacrifié leur vie pour la Liberté,  il va être procédé aux dépôts de gerbes au pied de ce monument »
La gerbe du Conseil Départemental sera déposée par Monsieur Jean-Claude FERAUD, 3ème Vice-Président du CD 13, la gerbe de la Ville de Trets sera déposée par Monsieur Gilbert ROBIGLIO, 1er adjoint, la gerbe des Anciens Combattants sera déposée par Monsieur Claude TIRABELLA, la gerbe du Souvenir Français sera déposée par Monsieur Antoine TOLEDO, délégué communal accompagné par Mathis & Arnaud.


Le président des Anciens Combattants, Maurice CHAGNY, prendra à nouveau la parole pour inviter l’assemblée au recueillement :
« En associant dans une seule pensée les victimes militaires et civiles des conflits passés du siècle dernier, et ceux où la France est actuellement engagée, et plus près de nous le capitaine Xavier Jugelé, lâchement assassiné par un terroriste sur les Champs Élysées, je vais vous demander une minute de recueillement ».
La Marseillaise et le Chant des Partisans seront ensuite chantés par la chorale du Foyer Rurale. Jean-Claude remerciera chaleureusement son président, Dominique BELLENGER, pour cette belle prestation, lui indiquant que la chorale est toujours la bienvenue lors des cérémonies.


Il a ensuite été procédé à une remise de décoration à Monsieur Bernard LOLL, ancien Sous-officier supérieur de l’armée de l’air, membre de la section d’Anciens Combattants  de Trets. Et c’est son plus jeune fils, le Sergent Ludovic LOLL ayant intégré l’Armée de l’Air en mars 2016, pour y suivre une formation parfaitement identique à celle de ses parents, qui sera le porte-coussin.
Monsieur LOLL Bernard est Fils de gendarme, né le 16 mars 1962 à Orléansville (Algérie), marié, trois enfants.
Recruté sur dossier, il entre à EFISO (École de Formation Initiale des Sous-officiers) de Nîmes le 9 septembre 1980, pour servir dans le corps du Personnel non navigant  de l’Armée de l’Air, en tant qu’engagé volontaire sous-contrat.
À l’issue d’une formation militaire d’une durée de 5 mois, il intègre la Base aérienne 721 de Rochefort dans une promotion de spécialité électronique le 26 février 1981. Il en ressort  le 1er mars 1982 avec la formation de « radio bord », il est alors muté sur l’avion bombardier Mirage 4 A, de Saint-Dizier en Haute-Marne. Il y obtiendra ses premiers grades de caporal-chef, à sergent-chef.
Entre temps, il intègre le corps des sous-officiers de carrière le 5 août 1987, et participe à de multiples opérations  sur le territoire français.
Son escadron étant dissout, il est muté sur la Base 125 d’Istres le 18 juillet 1988, au Groupe d’Entretien et de Réparation des Matériels Spécialisés, et œuvre sur Boeing ravitailleur en vol (C135FR) où il rencontre celle qui devait devenir sa femme, de même spécialité que lui. Au sein de cette nouvelle unité, il assure la maintenance préventive et curative des matériels électroniques embarqués et devient instructeur. Il sera appelé sur de nombreux théâtres d’opérations comme : le Tchad en 89, 90 dans le cadre de l’opération Epervier, la Turquie en 92, 93, 94 dans le cadre de l’opération Provide-Comfort (Aconit), l’Arabie Saoudite en 91, 92, 93,95 dans le cadre de l’opération Daguet. Il obtient à l’occasion de son implication pendant la guerre du Golfe, du chef D’État-Major des Armées, un témoignage de satisfaction le 22 avril 1991, alors que son épouse attend leur premier enfant. Il est nommé Adjudant le 1 mars 1993. Muté en escadron la même année, il totalisera 3 ans 11mois et 14 jours de services aériens commandés, en tant que mécanicien avionique. Devenu entre-temps expert technique, il est muté le 01 septembre 1997 avec sa famille agrandie de deux autres enfants, à la division instruction Armement-missile, de la Base Aérienne 102 de Dijon, en tant que chef de service, sur Mirage 2000-5. Promu Adjudant-chef le 01 janvier 2000, il est placé sur sa demande en service détaché au titre du ministère de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, le 1er novembre 2003. Rayé des cadres de l’Armée de l’Air et de l’armée d’active un an plus tard, il officie dans un premier temps à Lyon en tant que contrôleur des transmissions.
Depuis janvier 2006, il est intégré dans le corps des contrôleurs des systèmes d’informations et de communication, pour la région méditerranée. En poste à Marseille, il obtient le grade d’ingénieur, en janvier de cette année.
Déjà titulaire de :
  • la médaille vermeil outre-mer avec agrafe Tchad et Moyen-Orient
  • la médaille d’or de la Défense Nationale avec les agrafes Forces Aériennes Stratégiques et Missions d’Assistance extérieures
  • de la médaille commémorative des opérations au Moyen-Orient
  • de la médaille de libération du Koweït, en date du 11 février 1994
  • de la médaille d’Honneur de la Police Nationale, qui lui a été remise fin 2016 par le Préfet de police Laurent Nuñez
Il intègre aujourd’hui  la grande famille des anciens combattants.
Nous lui remettons  officiellement à cette occasion pour services rendus, deux nouvelles médailles, à savoir :
  • la croix du combattant, qui lui est remise par le Lt-Colonel (er) Maurice Clerc de la L-E
  • le Titre de la Reconnaissance de la Nation lui sera remis par le Colonel (er) J.P Lancar, de l’Armée de l’Air »