Retour sur le vernissage de l’exposition « Et le Moyen-Âge à Trets : quoi de neuf ? » et la conférence passionnante de l’historien Christophe VASCHALDE

En ce mois de juin 2018, le service Culture de la Ville accueille au Château des Remparts une exposition dédiée au Moyen-Âge à Trets.
Le 2 juin dernier, Monsieur le Maire et son Adjointe à la Culture, Véronique LE ROUX, recevaient les Tretsois dans la salle d’honneur du Château à l’occasion du vernissage de cette exposition réalisée par l’Historien Christophe VASCHALDE.
L’exposition est composée de panneaux retraçant la vie, les traditions et les activités économiques et artisanales de Trets à cette époque, ainsi que d’objets de l’artisanat et du quotidien des Tretsois au Moyen-Âge, tout en exposant des documents d’époque protégés dans des vitrines, dont notamment un testament sur un rouleau de parchemin d’Astorge de Peyre (v. 1420-1488), Baron de Peyre et de Trets, Seigneur du Thoras, du Barroux et de Caromb (20 avril 1490) issu d’une collection privée.
Jean-Claude FERAUD, qui a pris la parole à l’occasion de ce vernissage, a tenu à remercier Christophe VASCHALDE pour son travail de recherche et d’investigation qui a permis de mettre en lumière le Trets du Moyen-Âge à travers cette exposition.
Véronique LE ROUX a également salué le travail de l’historien et a invité les Tretsois à venir découvrir l’exposition jusqu’au 30 juin.
Ce vernissage s’est poursuivi autour d’un apéritif convivial permettant ainsi aux plus curieux d’interroger Christophe VASCHALDE, présent pour l’occasion.

Samedi 9 juin, la salle d’honneur du Château des Remparts a fait salle comble avec près de 80 personnes qui sont venues assister à la conférence donnée par l’historien Christophe VASCHALDE.
Cette conférence passionnante, qui a duré près de 2 heures, traitait essentiellement du centre médiéval et du quartier juif à Trets. L’historien a alors exposé toutes les investigations qu’il a menées durant plusieurs années pour démêler le mystère entourant la fameuse synagogue, qui en réalité n’en est pas une.
Poursuivant le travail colossal de l’historien Fred MENKES, qui avait procédé à un dépouillement très important des registres des notaires tretsois couvrant ainsi la quasi totalité du XIVème siècle, Christophe VASCHALDE a mené de nombreuses recherches, recoupé de multiples sources provenant d’époques différentes, pour chercher les réponses à ses questions dans des écrits, des actes notariés, des plans et les archives communales, bien souvent très mal conservés. Il est également remonté à l’époque où Trets faisait partie du Comté de Provence. Ses recherches ont révélé entre autre que l’hôtel de Ville actuel a été construit en lieu et place de l’Église de la Sainte Trinité du Monastère, rattachée à l’Abbaye de St Victor à Marseille, dont les arches sont encore visibles aujourd’hui à l’état civil.

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Puis, toujours avec l’objectif de situer la synagogue, Christophe VASCHALDE est revenu sur la configuration même du Centre Médiéval de Trets, qui se caractérise par l’existence de ses trois portes : la porte de St Jean, la Porte de Pourrières et la porte de Clastre qui n’existe plus aujourd’hui (à côté de l’Hôtel de Ville), chacune ouverte sur des axes stratégiques (Marseille, l’Italie et le Castrum d’Arnulf).
Il a ensuite étudié l’architecture même des bâtiments et les recherches archéologiques qui ont été faites les concernant. Dans ces bâtiments, on retrouve plusieurs maisons bien connues du Centre Ancien comme la maison à colombages de la Place Pailheiret et ce que l’on a longtemps appelé l’ancienne synagogue située rue Paul Bert.
Christophe VASCHALDE a conclu sa conférence en faisant le constat suivant : la communauté juive de l’époque médiévale était peu importante en nombre, ce qui laisse penser qu’un bâtiment comme celui de la rue Paul Bert aurait été un lieu de culte surdimensionné. En parallèle, aucun élément de l’architecture de cette maison n’a révélé la présence d’une synagogue. Suite à ce constat, l’historien a posé deux hypothèses quant au lieu où pourrait se trouver cette synagogue : soit rue Lemée, près du Trou de Madame Lion, soit rue Denfert Rochereau , près de la maison à colombages.
Il a également indiqué poursuivre ces recherches pour éclaircir plusieurs zones d’ombres qui concernent la localisation de l’Église St André, la maison forte ainsi que l’Hôpital St Jacques, qui pourrait se trouver en dehors des fortifications comme cela était le cas au Moyen-Âge.