Armistice du 11 novembre 1918 – Trets rend hommage à ses soldats

TRETS 11 NOVEMBRE 2017

IMG_6022
Comme chaque année, la Ville de Trets a célébré l’armistice de la Première Guerre Mondiale en rendant hommage à ses soldats tombés au combat. Ce sont 85 enfants de Trets qui ont perdu la vie lors de ce conflit mondial et dont les noms sont gravés dans la pierre au cimetière communal et sur le monument aux morts.
Le Maire, Jean-Claude FERAUD, avait convié les tretsois à 11h00 à se recueillir sur le caveau des Anciens Combattants au cimetière où une plaque offerte par les Amis du Village a été dévoilée pour l’occasion.
Après avoir cherché en vain un président pour prendre la suite, l’association des Amis du Village menée par Guy VAN OOST avait annoncé au printemps dernier qu’elle refermait définitivement le livre de cette belle association de Trets qui a œuvré pendant 26 ans pour maintenir la mémoire et le souvenir de la commune. Son Président, Guy VAN OOST, avait alors décidé d’utiliser les fonds restant de l’association pour réaliser une plaque commémorative en l’honneur des poilus tretsois et l’offrir aux Anciens Combattants. C’est donc tout naturellement que cette plaque a été dévoilée en ce jour de commémoration.
Monsieur le Maire a pris la parole afin de remercier chaleureusement les Amis du Village et son président, non seulement pour ce beau geste mais surtout pour ces nombreuses années passées à transmettre avec passion aux nouvelles générations l’histoire de notre village.
.
Après ce dévoilement, la délégation s’est rendue sur la stèle du cimetière devant laquelle Jean-Claude FERAUD a déposé une gerbe.

.


Les cérémonies de commémoration de ce 11 novembre ce sont poursuivies sur la Place de l’Hôtel de Ville où ont eu lieu les prises de paroles et plusieurs dépôts de gerbes au pied du Monuments aux Morts. Pour l’occasion, l’Adjudant-Chef Didier RESSEGUIER et 7 élèves du Lycée Militaire d’Aix-en-Provence avaient fait le déplacement en uniforme pour participer à ces commémorations.

P1630664


Maurice CHAGNY, Président des Anciens Combattants, a pris la parole en premier afin de délivrer le message suivant :

« Nous voici à nouveau réunis, comme chaque année, en ce 11 novembre, pour célébrer la mémoire des Combattants morts pour la France, tombés pendant et depuis le 1er conflit mondial, (la « Grande Guerre »), et dans tous les autres conflits où la France était et est encore aujourd’hui engagée. Depuis que le dernier des Combattants de 14-18, le dernier « Poilu », a disparu, le souvenir personnel des souffrances et des sacrifices a laissé la place à l’Histoire.  Cette Histoire construite sur tant de destinées tragiques doit continuer d’être une Histoire partagée, dans laquelle chacun de nous reconnaît une part de lui-même et puise cette fierté de notre pays que nous voulons garder et que nous voulons transmettre à nos enfants : ceci se nomme le devoir de mémoire. Ce mot mémoire que l’on retrouve dans le verbe latin « commémorare » signifiant « Se rappeler de… » Commémorer c’est faire de l’éducation civique, de la pédagogie citoyenne. La date du 11 novembre s’imposa comme le symbole d’une France qui surmonte l’épreuve. Cette date devint aussi un moment de ralliement. Il n’est que de rappeler ce 11 novembre 1940, où des lycéens et étudiants se réunirent place de l’Étoile, à Paris, bravant les forces d’occupation. Trois ans plus tard, le 11 novembre 1943, le défilé d’Oyonnax, dans l’Ain, constitua un nouveau  geste de défi face à l’oppresseur : des résistants, déposèrent devant le monument de la ville une gerbe portant ces mots : « les vainqueurs de demain à ceux de 14-18 ». « Plus jamais ça »s’écrièrent les survivants qui revinrent de l’enfer des tranchées. Ils avaient fait leur devoir. Mais ils l’avaient fait d’abord pour que leurs enfants n’aient pas à souffrir, à leur tour, comme eux avaient souffert. Ils voulaient que cette guerre qui avait atteint le comble de l’horreur et de la souffrance, à cause de la folie des hommes, fût la dernière des guerres : « la der-des-der ». On sait ce qu’il advint : loin de suffire à calmer la folie des hommes, le souvenir de cette horreur attisa la vengeance. Une autre horreur à partir de 1939, bien pire, emporta le monde. A l’horreur de toutes les guerres, elle mêla celle du génocide. L’Histoire est tragique parce qu’elle est humaine ; occulter la dimension tragique de l’Histoire nous condamnerai à sortir de l’Histoire. On ne construit pas la Paix en renonçant à se défendre, on construit la Paix sur le courage, la fidélité et le sens de l’honneur. « Honneur Patrie – Valeur Discipline » cette devise que tout militaire français fait sienne : le jour où ces mots ne toucheront plus le cœur d’aucun Français, ou seront devenus incompréhensibles pour la plus-part d’entre nous, il n’y aura plus de France. Mais dans ce 11 novembre, cette journée si profonde de signification, c’est à tous les « Morts pour la France », que la nation, rend aussi hommage. Nous ne serions pas complets, si nous passions sous silence les évènements d’Afrique du Nord, et en particulier la Guerre d’Algérie,cet épisode douloureux de notre Histoire :30000 tués, dont 25000 Français assassinés ou disparus, 220 000 musulmans civils et supplétifs tués ou assassinés par le FLN, avant et après l’indépendance, pour certains dans des conditions atroces, innommables. N’oublions pas tous les morts en « Opérations extérieures »- les  Opex- : ceux qui sont tombés en Indochine, à Suez, dans les Balkans, au Moyen Orient, au Tchad, en Côte d’Ivoire, en Afghanistan, au Mali, etc… ; ils ont droit au respect et aux honneurs que la Nation réserve à ceux qui ont fait pour elle le sacrifice de leur vie, pour la défense des Droits de l’Homme, et de la Démocratie. Nous le devons à leur mémoire, à leurs frères d’armes et à ceux qui continuent, aujourd’hui, à risquer leur vie pour servir la France. Hommages aussi aux combattants qui n’étaient pas des soldats : ceux de l’arrière, le peuple sans armes, ceux qui, par leur labeur, leur engagement, leur vaillance apportèrent une contribution essentielle à la conduite de la guerre. Sans eux, notre pays ce serait effondré.  N’oublions pas non plus les 12 civils tretsois tués lors de cette guerre de 39-45, leurs noms figurent aussi sur ce monument. Aujourd’hui, devant ce monument dédié aux 85 enfants de Trets tombés au champ d’honneur, lors de la 1ère guerre mondiale, souvent âgés de 19 ans, et aux 16 des autres conflits, rendons leur l’hommage qu’ils méritent, et exprimons leur notre reconnaissance pour que nous puissions vivre en paix, une paix universelle qui s’appuie sur les valeurs républicaines qui ont été les leurs et sont toujours les nôtres : Liberté, Égalité, Fraternité. En leurs noms, quel plus noble message à transmettre à la jeunesse française, aux hommes et aux femmes, ce message qui appelle tous nos concitoyens à poursuivre le combat en faveur de la Solidarité et de la Paix, et qui vous invite à communiquer aux jeunes générations le respect des Valeurs nationales, le sens du Devoir et l’Idéal de ceux qui ont combattus et fait le sacrifice de leur vie pour une France Libre et Souveraine. Car voici qu’aujourd’hui la France, comme de nombreux autres pays, est engagée sur son territoire dans une nouvelle guerre, une guerre qui ignore, du côté adverse, délibérément tous les principes humanitaires pour s’attaquer aux êtres sans défense. J’ai nommé le terrorisme. Les cibles choisies par les terroristes présentent une évidente portée symbolique. Ce qui est visé, c’est la Liberté de Conscience et d’Expression, la Démocratie et le Pluralisme, la Laïcité et les Valeurs de la République. La France n’est pas seule dans ce combat, mais elle ne peut compter sur d’autres pour faire régner la paix sur son sol. Si les attentats qu’elle a subi ont été planifiés et coordonnés en dehors de nos frontières, d’autres attaques ont-elles été le fait de personnes radicalisées sur le sol français. Aujourd’hui la menace est diffuse dans la mesure où les organisations terroristes recrutent une partie de leurs activistes au sein même des sociétés qu’elles prennent pour cible. De tels individus entendent répondre à un « appel » général au djihad lancé par Daesh ou toutes autres organisations terroristes d’inspiration djihadiste. Face à cet ennemi qui espère nous soumettre par la terreur et nous imposer son idéologie totalitaire, affirmons les qualités qui ont permis à notre pays de vaincre en 1918 et 1945. Ayons donc, aussi une pensée pour toutes les victimes du terrorisme. En hommage à nos glorieux ainés : Vive la République ! Vive la France ! »

Jean-Claude FERAUD, Maire de Trets a ensuite délivré le message le Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées :

 » Quatre-vingt-dix-neuf années ont passé depuis cette fin de matinée où, ce 11 novembre 1918, à 11h, sur le front, les clairons ont surgi pour sonner le cessez-le-feu. Un conflit de quatre ans et demi s’achevait alors. Si l’avant et l’arrière communient dans la fierté nationale, c’est aussi le temps du deuil qui commence face aux pertes considérables, tant civiles que militaires. La Grande Guerre a profondément bouleversé les nations européennes, les équilibres mondiaux sont durablement modifiés. Cette année, nous célébrons plus particulièrement le centenaire de 1917. Après trois ans de conflit, c’est l’année de la « fatigue des peuples » mais aussi le tournant de la guerre. Sur le temps long, elle s’avère déterminante pour le XXème siècle. Ses conséquences se font encore sentir aujourd’hui. D’avril à octobre, le Chemin des Dames a rendu son terrible verdict ; cet échec sanglant affecte le moral des combattants et celui de l’arrière. L’armée française n’est pas seule à se sacrifier. Au prix de lourdes pertes, les Canadiens mènent l’offensive à Vimy, les Britanniques à Passchendaele, les Italiens sont vaincus à Caporetto. Les États-Unis rompent avec l’isolationnisme et s’engagent aux côtés de l’Entente. L’arrivée progressive des soldats américains change le rapport de force et va contribuer à forger la victoire. La mondialisation du conflit s’est intensifiée. Traversée par deux révolutions, la Russie connaît de profonds bouleversements et signe le 15 décembre un armistice avec l’Allemagne. Cette dernière va pouvoir, en 1918, concentrer toutes ses forces sur le front occidental. Victimes indirectes de la guerre, des centaines de milliers d’enfants en portent les séquelles et se retrouvent orphelins. Ils grandiront seuls ou au sein de familles incomplètes marquées à jamais par la perte. C’est pour leur permettre de vivre dignement que l’État crée le 27 juillet 1917 le statut de « pupille de la Nation ». Destiné à l’origine aux orphelins de guerre, il est étendu aujourd’hui aux orphelins d’un parent tué en opération militaire extérieure ou lors d’un attentat terroriste. Le 16 novembre 1917, il y a presque cent ans, au milieu de la tempête, Georges Clemenceau était appelé à former le gouvernement. Président du conseil et ministre de la guerre, à 76 ans, il appelle à la « guerre intégrale » et remobilise la Nation et les armées avec l’obsession de mener la France à la victoire. En ce jour du 11 novembre, depuis la loi de 2012, nous rendons hommage à l’ensemble des morts pour la France. A ceux tombés lors de la Grande Guerre, lors de la Seconde Guerre mondiale, lors des guerres de décolonisation, à ceux tombés hier et aujourd’hui, lors de nos opérations extérieures partout dans le monde, la Nation reconnaissante rend hommage et perpétue l’indispensable mémoire « .


La cérémonie s’est poursuivie par les dépôts de gerbes accompagnés par les élèves du Lycée Militaire d’Aix-en-Provence.
Jean-Claude FERAUD, Maire de Trets et 3ème Vice-Président du CD 13, avec Théo pour le Conseil Départemental

Gilbert ROBIGLIO, 1er Adjoint, avec Lucas pour la Ville de Trets

Antoine MARTINEZ avec Paul pour les Anciens Combattants

Antoine TOLEDO, Délégué Communal, avec Nicolas pour le Souvenir Français

Après une minute de silence, la Marseillaise a été interprété par la chorale du Foyer Rural puis, les élèves du Lycée Militaire ont interprété « La Strasbourgeoise ».
Après avoir salué les corps constitués, les autorités civiles et militaires, le porte drapeau, l’Adjudant-Chef Didier RESSEGUIER, les élèves du Lycée Militaire d’Aix-en-Provence et les membres du Foyer Rural de Trets, Monsieur le Maire et le Président des Anciens Combattants ont convié l’assemblée à partager un apéritif convivial.